La fabrication d’une flûte traversière
Il est très difficile d’expliquer en quelques lignes toute la fabrication d’une flûte traversière.
Les opérations y sont si nombreuses et complexes que seuls les points forts de la facture seront présentés.
La tête :
Simple d’apparence, elle n’en est pas moins délicate à réaliser. La première étape consiste à obtenir un tube conique dont les dimensions restent propres à chaque fabricant. De manière générale, cette opération s’effectue à l’aide d’un mandrin conique et de plusieurs filières dans lesquelles un tube cylindrique est compressé « à force ». Une fois le tube réalisé, le facteur réalise la plaque d’embouchure. Celle-ci est découpée dans le clinquant du métal désiré suivant approximativement la forme géométrique d’un ovale. Son aspect définitif sera obtenu après pressage ou martelage de
la plaque sur une matrice en acier.
Troisième élément indispensable à cette tête : le noyau.
Le noyau est la petite pièce qui relie la plaque d’embouchure au tube. Cette pièce possède une forme extrêmement complexe : haute d’environ 4 mm, large de 10 et longue de 12 et percée en son centre, c’est en grande partie elle qui permettra à la flûte d’offrir les multiples caractères sonores de la flûte. Une fois ce noyau soudé sur la plaque et sur le tube, le facteur agira directement sur lui afin d’exploiter le timbre et la palette sonore de l’instrument.
Le bouchon de la tête sera maintenu entre deux plaques de métal pourvus d’une vis mère supportant le capuchon.
Le corps :
Le tube du corps reste cylindrique. Le facteur découpe deux longueurs de tube, une pour le corps et l’autre pour la patte. Puis vient le pointage, opération qui consiste à pointer le corps, c'est-à-dire à percer le tube sur toute sa longueur aux endroits exacts où se situeront les cheminées.
Les cheminées sont des petits tubes de 1 à 1,5mm d’épaisseur que l’on échancre à l’aide de machines de précision. L’échancrure doit correspondre parfaitement au diamètres du tube de la flûte. Les cheminées sont alors soudées sur le corps.
Les patins et les boules sont eux aussi soudés au corps afin de soutenir le mécanisme. Les patins sont découpés dans une plaque puis courbés afin d’épouser le corps. Les boules sont tout simplement tournées dans la masse puis soudées aux patins à l’argent.
Il ne reste plus qu’à ajuster les manchons et viroles permettant l’assemblage des trois parties de la flûte.
Le mécanisme :
A partir du plané, une presse découpe et met en forme par emboutissage les « touches ou ronds ». Les charnières recevant les vis et axes sont issues d’un petit tube d’environ 0,6mm d’épaisseur. Chaque longueur est propre à chaque clé d’un instrument.
Puis les ronds sont soudés aux charnières à l’aide de queues (clés percées et actionnées par les doigts : sol, la, fa, mi et ré) et de pointes (clés indirectes comme le sib, cadences etc…)
Ces pointes et ces queues sont en général usinées dans la masse. La plupart des instruments de série n’ont pas ce processus de fabrication mais sont élaborées en utilisant la technique du moulage des clés ce qui fragilise considérablement l’ensemble du mécanisme.
Dans le cas des spatules, comme le sol#, mib, ut#, pouce etc… elles sont coulées à la cire perdue. Les modèles initiaux sont réalisés à la cire et par des opérations relativement complexes, sont ensuite refondues en métal.
Les grands instruments professionnels de type alto et basse ne sont généralement pas équipés de pièces moulées. En effet, les coulées restent trop souples par rapport aux pièces découpées empêchant la rigidité du mécanisme et donc du réglage final de l’instrument.
L’ensemble ronds, pointes, charnières et spatules forment les clés à ajuster sur le corps. Opération très importante et principale distinction entre instrument « fait main » et instrument de série. En effet, la longueur de la clé doit être à quelques centièmes de millimètre exactement identique à la distance entre deux boules.
Les instruments de série ont quant à eux des longueurs de clé pré formatées. Il n’est donc pas rare de constater des jeux très importants, même sur des flûtes neuves.
Plus l’ajustement est précis, meilleur en sera le réglage.
Finitions :
Les trois parties de la flûte sont alors préparées pour l’argenture. Traitement des états de surface à l’aide de toiles de différents grains jusqu’au polissage et l’avivage qui donne à l’instrument le brillant et le poli miroir que nous connaissons.
Un autre traitement plus chimique que mécanique consistera à nettoyer le métal de toutes ses impuretés et l’apprêtera à recevoir le dépôt électrolytique d’argent, d’or, platine etc…
Dernière phase de la fabrication pure de la flûte, la réalisation de toute la visserie, axes et rondelles en acier.
Tamponnage :
Une fois argentée ou dorée, la flûte est entièrement remontée et retravaillée à blanc, c'est-à-dire sans tampon. Cette ultime opération consiste à supprimer l’excédent du dépôt d’argent ou d’or aux endroits de friction : à l’intérieur des charnières où se trouvent les vis et axes, dans les boules, à chaque extrémité des clés etc…
Il est alors temps de tamponner la flûte. Chaque rond reçoit son tampon respectif, les feutres et lièges sont collés, le bouchon de la tête est mis en place.
La flûte est prête à être jouer.
Sans vouloir développer en excès et aborder trop techniquement le sujet, je pense avoir donné un bref aperçu de la chronologie de la fabrication.
Pour toute information complémentaire, n’hésitez pas à me contacter.